NOUVELLES

 

Trouver le meilleur tarif aérien : Mission impossible!

Garantir qu’on fournit le meilleur tarif aérien disponible pour un trajet donné est une opération mathématiquement impossible, aussi bien pour un intermédiaire comme l’agent de voyages que pour un logiciel de recherche sophistiqué.  C'est du moins ce qu'avance Carl de Marcken, directeur scientifique de ITA Software, une compagnie qui conçoit des logiciels spécialisés dans le domaine du transport aérien.



L’informaticien vient de publier une étude (disponible au www.itasoftware.com) pour démontrer l’impossibilité de concevoir un moteur de recherche susceptible de garantir le meilleur tarif aérien disponible pour une date précise sur une route aérienne donnée. Ce qui implique nécessairement que c’est également impossible pour un agent de voyages!

Qu’il s’agisse de Galileo, Sabre, Orbitz, Kayak…, tous les systèmes de réservations informatisés et toutes les agences en ligne utilisent des logiciels de recherche conçus par des compagnies spécialisées comme ITA Software ou Softvoyage. Or, ces logiciels doivent jongler avec un nombre d’informations trop important pour les algorithmes utilisés par les informaticiens. L’univers du transport aérien est devenu trop complexe.

Il y a dans le monde 4 000 aéroports commerciaux. Les plus grands (1 % du total, soit environ 40) voient défiler une moyenne de 4 000 mouvements d’aéronefs tous les jours. Les grands (10 % du total, dont Montréal fait partie, avec sa 150e place mondiale) gèrent une moyenne de 250 décollages par jour.
Les 800 et quelques compagnies aériennes actives dans le monde programment 30 millions de vols par an. À toutes les heures du jour, on dénombre 700 000 passagers dans les airs (la moitié, d’ailleurs, au-dessus du Canada et des États-Unis, les deux pays dont les cieux sont le siège de 50 % de l’activité aérienne de la planète).

Pour compliquer les choses, chaque compagnie aérienne révise ses tarifs 10 fois par jour, en moyenne. Les compagnies pratiquent toutes le yield management, ce mode de gestion qui tient compte de l’offre et de la demande, heure après heure.

Sur certaines routes très fréquentées, il existe des centaines de combinaisons possibles pour se rendre d’un point A à un point B. Carl Marcken prend l’exemple du couloir San Francisco-Boston, où il dénombre 2 000 combinaisons possibles en une seule journée. On peut y aller en direct, bien sûr. Mais parfois, on pourra bénéficier de meilleurs prix en faisant escale à Denver, par exemple, ou encore à Atlanta, puis à Los Angeles – et Dieu sait combien il y a d’aéroports entre les côtes Est et Ouest des États-Unis!

Or, toutes ces combinaisons doivent être évaluées pour garantir avec certitude qu’on tombera sur le meilleur tarif disponible. Carl Marcken démontre que, quelle que soit la sophistication des logiciels, aucune combinaison d’algorithmes ne sera en mesure d’explorer les milliards (car on parle de milliards!) de combinaisons possibles.



Cette analyse met en doute la capacité des sites de comparaisons de tarifs lancés l’an dernier : Farecast (www.farecast.com) et Farecompare (www.farecompare.com).

Le premier tente de repérer les meilleures aubaines pour voyageurs individuels ou pour familles et donne des indications sur les moments les plus appropriés pour voyager. Actuellement, il ne tient compte que des vols au départ de 75 aéroports américains (et aucun canadien).

Le second analyse l’historique des tarifs qui ont eu cours entre 77 000 paires de villes en Amérique du Nord et il identifie les semaines de l’année pour lesquelles les compagnies aériennes proposent les soldes de sièges les plus intéressants.

L’avantage concurrentiel de l’agent de voyages

On prend immédiatement conscience des limites d’un outil comme Farecompare, lorsqu’on s’en sert pour chercher la période la plus propice pour voler de Montréal à Miami, par exemple.

Farecompare donne invariablement le tarif de 355 $ US avec Air Canada. Un agent de voyages compétent aurait immédiatement demandé à son client pourquoi il ne choisirait pas plutôt d’atterrir à Fort Lauderdale, à soixante kilomètres de là, puisque que la route est desservie par d’autres compagnies aériennes qui proposent des tarifs avantageux, notamment Air Transat et Skyservice. Or, Farecompare n’a pas accès aux bases de données de Transat et de Skyservice.

Et ni les sites dont la vocation est de comparer des milliers de tarifs, ni les sites commerciaux comme Orbitz ou Cheapticket n’ont accès aux inventaires des consolidateurs. Comme les consolidateurs traitent exclusivement avec les agents de voyages, ceux-ci conservent un avantage concurrentiel certain.

Cela signifie-t-il que l’agent de voyages est assuré de trouver le meilleur tarif disponible? Certainement pas. Car, d’une part, tous les agents de voyages ne sont ni aussi aguerri, ni aussi compétents qu’ils devraient l’être. Et d’autre part, la démonstration mathématique de Carl de Marcken s’applique aussi aux meilleurs d’entre eux.

Le faisceau de liaisons aériennes est trop complexe et les transporteurs modifient leurs tarifs trop souvent pour qu’un ordinateur ou un cerveau humain soit en mesure de débusquer le meilleur tarif disponible sur une route donnée. À moins, bien sûr, qu’il ne s’agisse d’un couloir peu fréquenté comme Montréal-Val d’Or ou Montréal-Kuujjuaq!

André Désiront
Tourisme Plus.com
Semaine du 3 août 2007

Aug 24th, 2007 16:26
Retour..

Copyright © 2006 Vobe.ca | All Rights Reserved